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Guide pratique · Professionnels de l’automobile

Comment financer les véhicules de courtoisie d’un garage : achat, LOA ou LLD ?

Un garage peut acheter ses véhicules de courtoisie, les financer en LOA (crédit-bail) ou les louer en LLD. L’achat mobilise de la trésorerie mais laisse un véhicule à revendre ; la LOA garde une option d’achat ; la LLD fixe un loyer, sans revente. Tout dépend de l’usage : jours de prêt, kilomètres, TVA.

Mis à jour le . Rédaction : OseCars.

Guide pratique à titre informatif, sans valeur d’offre ni de conseil. Lire l’avertissement

Sommaire

Trois façons de financer, et une alternative

L’achat, comptant ou avec un crédit professionnel. Le véhicule entre à l’actif du garage et s’amortit ; vous le revendez quand vous le souhaitez, au prix du marché du moment. C’est la formule qui mobilise le plus de trésorerie et qui laisse au garage tout le risque de revente.

La LOA, qui prend en général la forme d’un crédit-bail entre professionnels. Le financeur reste propriétaire ; vous payez des loyers et vous pouvez acheter le véhicule en fin de contrat, au prix convenu, qui tient compte au moins en partie des loyers versés (article L. 313-7 du Code monétaire et financier).

La LLD, location longue durée sans option d’achat. Les loyers sont déductibles du résultat (Bpifrance Création), sous réserve d’un plafond pour les véhicules de tourisme. Vous rendez le véhicule en fin de contrat, dans les limites d’un forfait de durée et de kilomètres, selon le guide de restitution du loueur.

L’alternative : la location de courte durée, au jour, chez un loueur, seulement quand un client en a besoin. Aucun engagement, mais un prix par jour à comparer et une disponibilité qui ne dépend pas de vous aux périodes chargées.

Quel que soit le financement, le prêt au client reste un prêt à usage, gratuit par nature (articles 1875 et 1876 du Code civil), sauf si vous choisissez de le facturer. Ce choix, prêt gratuit ou location facturée, change le traitement de la TVA : il est détaillé dans notre guide TVA et taxes des véhicules de courtoisie.

Le comparatif en un tableau

Le comparatif en un tableau
CritèreAchatLOA (crédit-bail)LLDLocation courte durée
Trésorerie au départPrix payé comptant, ou apport et créditPremier loyer, parfois majoré, et frais éventuelsApport éventuel et premier loyerAucune immobilisation
Coût courantPerte de valeur, coût du crédit ou de l’argent immobiliséLoyersLoyer fixePrix par jour de location
EntretienÀ votre charge, souvent dans votre atelierSelon le contratInclus ou non selon l’offre : à vérifierÀ la charge du loueur
KilométrageLibre, mais il pèse sur la reventeForfait, dépassement facturéForfait, dépassement facturéSelon le contrat de location
DuréeLibreFixée au contratFixée au contrat ; indemnité possible en cas de sortie anticipéeAu jour
Fin de contratRevente par le garageOption d’achat ou restitutionRestitution et frais de remise en état selon le guide du loueurRestitution après chaque location
Risque principalValeur de reventePrix de l’option, état au retourKilomètres et état au retourCoût et disponibilité aux pics
Fiscalité, à grands traitsAmortissement déductible dans une limite pour un véhicule de tourisme ; TVA en principe non récupérable si le prêt est gratuitPart des loyers à réintégrer selon la même limite ; même règle de TVAMême logique que la LOALocation d’un mois civil ou de trente jours consécutifs au plus : exonérée des taxes annuelles pour le locataire

La fiscalité dépend de la catégorie du véhicule et de son usage : les règles, sources et dates figurent dans notre guide TVA et taxes des véhicules de courtoisie.

Les questions à se poser avant de choisir

  1. Combien de prêts en même temps, au moment le plus chargé ? Relevez sur trois mois les prêts simultanés et les demandes refusées faute de véhicule.
  2. Combien de kilomètres par an ? Notez le compteur à chaque départ et à chaque retour, puis projetez sur la durée du contrat. Un forfait trop court se paie à la restitution.
  3. Prêt gratuit ou facturé, et à qui ? Au client, à son assureur ou au constructeur : la réponse change la TVA, donc le coût réel.
  4. Qui entretient, et à quel coût ? Votre atelier entretient librement un véhicule acheté ; en LLD ou en LOA, le contrat peut imposer ses propres règles.
  5. Quelle trésorerie immobiliser ? L’argent placé dans des voitures de prêt ne finance plus l’outillage ni le stock de pièces.
  6. Savez-vous revendre ? Un garage qui vend déjà des véhicules d’occasion tire plus facilement parti d’un achat qu’un atelier qui n’en vend jamais.
  7. Le prêt à des clients est-il autorisé ? Le contrat de financement doit accepter l’usage en courtoisie et l’assurance doit couvrir des conducteurs successifs.
  8. Et si l’activité baisse ? Lisez les conditions de sortie anticipée avant de signer.

Les erreurs fréquentes

  • Comparer des loyers HT quand la TVA n’est pas récupérable. Pour une voiture particulière prêtée gratuitement, votre coût réel est en principe TTC.
  • Oublier les frais hors loyer : carte grise, perte financière, assurance, préparation entre deux prêts.
  • Sous-estimer l’usure. Un véhicule confié à de nombreux conducteurs s’use vite : budgétez la remise en état prévue par le guide de restitution.
  • Ne pas tenir de registre des prêts. Il mesure le taux d’occupation, documente la fiscalité et permet de retrouver le conducteur en cas d’amende.
  • Utiliser la voiture de courtoisie comme véhicule de service. L’exonération des taxes annuelles vise les véhicules exclusivement affectés au remplacement des véhicules immobilisés des clients (BOFiP, BOI-AIS-MOB-10-30-20, § 160) ; un autre usage peut la faire perdre en tout ou partie.
  • Ignorer les amendes. Pour une infraction relevée par un appareil automatique avec un véhicule détenu par une société, le représentant légal doit désigner le conducteur dans les 45 jours (article L. 121-6 du Code de la route) ; à défaut, la société s’expose en principe à une amende forfaitaire de 675 € (ANTAI), davantage si l’infraction est un délit.
  • Choisir sur la seule mensualité. Comparez le coût total à durée, kilomètres et services identiques.

Questions fréquentes

Peut-on prêter à ses clients une voiture prise en LLD ?

Oui, si le contrat de financement autorise cet usage et si l’assurance couvre le prêt à des conducteurs successifs. Signalez-le dès la demande de devis et faites-le confirmer par écrit avant la première remise des clés.

Faut-il un contrat de prêt de véhicule avec le client ?

C’est vivement conseillé. Le contrat identifie le conducteur et son permis, fixe les dates, le kilométrage, l’état du véhicule, la franchise et le niveau de carburant au retour. Il vous permet aussi de désigner le conducteur dans les 45 jours si une infraction est relevée par un appareil de contrôle automatique.

LLD ou achat : lequel coûte le moins cher ?

Tout dépend de la revente. L’achat l’emporte si la perte de valeur, ajoutée au coût de l’argent immobilisé, reste sous le total des loyers à services égaux. Notre guide Combien coûte un jour de véhicule de prêt ? donne la méthode pas à pas.

Un centre pare-brise a-t-il besoin du même parc qu’une carrosserie ?

Non. Des prêts de quelques heures demandent peu de véhicules mais beaucoup de rotations, donc de préparation ; des immobilisations de plusieurs jours demandent davantage de véhicules et de kilomètres. Raisonnez en prêts simultanés et en kilomètres par an, pas en nombre de clients.

Sources

Textes et doctrine officiels, consultés le 29 septembre 2026 :

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